JournalSaison 4

Retour à l’école

Nous avons ce matin rendez-vous avec Saru, une institutrice rencontrée lors de notre soirée à l’Alliance Francaise. Elle et son mari gèrent l’école Victor Hugo Manjushree Vidyapith, qui développe une pédagogie alternative et permet à des enfants en situation de précarité de recevoir une éducation de qualité. Saru nous avait expliqué qu’elle avait des élèves de différentes castes et religions, nous avons donc eu envie de savoir quelle place occupait la diversité dans sa pédagogie.

Nous la retrouvons à l’école, qui est un peu en dehors de Katmandou. On commence à maîtriser l’empilage à 5 dans des voitures pour 4, le trajet en taxi est donc presque agréable malgré la route cabossée. À l’arrivée, on réalise qu’on respire déjà mieux qu’à Katmandou !

Saru nous attend dans son bureau plein de couleurs donnant sur la cour de récré. Elle nous propose de commencer la journée par une visite de l’école. À peine sortis, la cloche sonne et tous les enfants se retrouvent dans la cour. C’est l’occasion d’un petit attroupement autour de nous : comment tu t’appelles ? Tu as quel âge ? Est-ce que vous êtes amoureux ? J’aime bien tes cheveux ! Est-ce que tu parles le musulman ? Tu fais de la corde à sauter avec moi ? Elle c’est ma soeur elle a 13 ans ! … On est un peu gênés, et en même temps très contents. Je réalise que la compagnie des enfants me manque beaucoup depuis le départ, et je suis ravie de me rattraper le temps d’une journée. Nous faisons le tour des salles de classe avec Saru, et une petite fille veut nous montrer qu’elle sait chanter en français : elle entonne la famille tortue, notre hymne ! Un chouette hasard. 3 comptines plus tard, nous faisons le tour des ateliers proposés par l’école : du tricot, de la musique et même de la confection de sacs en jean. L’école, qui se veut durable, pense aussi l’accompagnement des élèves une fois diplômés : ils ont ouvert une entreprise de confection de sacs, à l’initiative d’un ancien élève de 18 ans qui en est aujourd’hui le manager, qui contribue à offrir des sacs aux élèves qui n’ont pas les moyens de s’en procureur et à former les enfants à un métier manuel. Ils finissaient à peine de développer leur site internet pour les commandes, j’ai été épatée par leur professionnalisme.

Saru nous demande de faire une présentation du projet devant une classe d’élèves de 13-14 ans. Nous décidons de faire une sorte d’atelier de sensibilisation, sur le modèle de ce que l’on pratique avec Coexister, sur le thème de la déconstruction des préjugés. On essaie autant que possible de s’adapter au contexte népalais. Lorsque l’on demande quels sont les principaux critères de discrimination et de préjugés qu’ils perçoivent, là où en France la religion et la couleur de peau sont souvent les premières réponses, eux nous parlent plutôt de castes et de professions. Je suis étonnée de les voir si réceptifs à nos questions et nos anecdotes, j’avais peur qu’ils soient un peu jeunes mais finalement pas du tout !

Retour dans le bureau de Saru après ça, pour une interview. Elle nous parle de ses ambitions avec son mari pour l’école, du système éducatif népalais, du contexte social et du système de castes. Même après l’entretien, nous continuons de discuter et de partager des anecdotes et Saru nous invite à manger. Après un bon dhal et une discussion avec quelques volontaires qui travaillent à l’école, nous repartons tout heureux de ces rencontres.

On a envie de tenter l’expérience de prendre le bus pour rentrer. Après en avoir laissé passer une bonne dizaine dans lesquels clairement on ne peut pas entrer, nous finissons par en trouver un qui nous ramène. On passe l’après-midi au calme à travailler dans un café, entre boissons chaudes et smoothies à la banane, avant d’aller dîner dans notre restaurant tibétain préféré.

Adèle

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